Travailler avec les voix et autres expériences dites "psychotiques"

Les personnes dites « psychotiques » sont confrontées à des expériences extrêmement troublantes et souvent effrayantes pour elles-mêmes mais également pour leur entourage et les professionnel-le-s de santé mentale. L'incompréhension, et la peur associée, sont des sentiments dominants qui rendent la vie quotidienne comme les soins particulièrement délicats et éprouvants. Afin d’établir un semblant d’ordre dans les expériences dites « psychotiques » (perception de voix, d’odeurs, de visions, convictions inhabituelles et/ou problématiques...), la psychiatrie traditionnelle a tenté de les catégoriser au sein d'entités pathologiques telles que la ou les schizophrénie-s. Si cette démarche peut servir aux professionnel-le-s et aux proches à se rassurer, elle induit souvent, dans la relation à l'autre, des effets malheureux. En particulier une asymétrie de pouvoir se met en place qui paralyse tout le monde : d’un côté ceux qui ne vivent pas les expériences mais qui « savent en théorie » (soignants/proches) et auraient de ce fait légitimité à dire ce qu’il convient de faire ; de l’autre la personne vivant les expériences, démunie de tout savoir et invitée à accepter un rôle de « patient » soumis. Pris dans cette relation bridée particulièrement frustrante, « patient » et « soignant »/proche en sont réduits à se conformer aux habitudes institutionnelles sans perspectives enthousiasmantes. Dans un tel contexte, l’expérience consistant à entendre des voix n’est pas prise en compte dans l’aide proposée aux personnes qui y sont confrontées. Les professionnels de la santé mentale sont formés à ignorer cette expérience considérée comme un symptôme de maladie qu'il conviendrait de chercher à éliminer. Cette façon d'appréhender les voix conduit inéluctablement à un isolement de la personne qui les entend. Cet isolement augmente la souffrance de la personne, entrave le processus de rétablissement et instaure une relation de défiance envers les professionnels voire les proches. Au cours de cette formation, en redonnant une place aux voix et au « savoir » pratique des personnes qui vivent les expériences dites « psychotiques », nous ferons ensemble l’expérience de la révolution que cela induit dans les pratiques de soins en psychiatrie et dans les relations au quotidien entre toutes les personnes concernées, ouvrant les larges horizons de possibilités du processus de rétablissement.

PROCHAINE SESSION : 16 au 18 mars 2020 à Paris.

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